Pure question de chance ? – Deuxième partie

Cette semaine, nous continuons la série issue du libre « Du combat singulier » de K.R. Kernspecht, avec l’illustration chiffrée du principe du temps d’activation cérébrale.


calculusPour identifier un élément dans un ensemble de deux élémènts par exemple, il faut prendre une décision. Dans un ensemble de 4 éléments, 2 décisions, de 8 éléments, 3 décisions et pour un ensemble de 16 éléments 4 décisions.

Une bonne méthode d’autodéfense, c’est une méthode qui doit permettre d’identifier très clairement n’importe quelle attaque tout en faisant prendre le moins de décisions élémentaires possibles.
La plupart des méthodes traditionnelles, que j’ai moi-même pratiquées, obligent celui qui les utilise à identifier l’information parmi un ensemble comprenant de 12 à 24 éléments, La plupart des méthodes conventionnelles doivent tout d’abord reconnaître à quelle hauteur l’attaque se déroule. En principe, le critère « hauteur » est divisé en trois niveaux: le haut (en japonais jodan), le milieu (chudan) et le bas (gedan), De nombreux styles doivent aussi réagir différemment selon qu’il s’agit d’une attaque effectuée du bras droit, ou gauche, ou de la jambe droite, ou gauche: tenir compte du critère « côté » oblige à faire la différence entre droite et gauche.

À ce propos, les pratiquants de nobreux styles prétendront être ici indifférents à la latéralité des attaques, qu’ils ne font aucune différence entre droite et gauche. Mais ce point de vue est trompeur, car la question n’est pas de savoir si un com battant pourrait par exemple parer un coup de poing donné du droit comme il l’entend, c’est-à-dire par un blocage extérieur du gauche ou un blocage extérieur du droit (comme p. ex. au karaté Soto Ude Uke). Il faut pousser ici le raisonnement un peu plus loin et en venir à la constatation réaliste qu’après un blocage extérieur réussi du gauche, on reste relativement couvert, mais qu’après un blocage réussi avec le bras droit, on est totalement exposé au contrecoup du bras gauche adverse. Aussi est-ce un critère de victoire ou de défaite décisif pour de telles méthodes que de savoir faire la différence entre gauche et droite.

Un autre critère essentiel est la « forme du coup porté« . Ici, il ne faut pas seulement faire la différence entre un coup direct et un coup indirect mais également considérer les différents angles de l’attaque indirecte. C’est justement à cause de cela que souvent, un budoka est dans l’impossibilité de parer à coup sûr le swing d’un bagarreur ou le crochet d’un boxeur.
Dans ce contexte, on n’a même pas tenu compte des coups en revers à propos desquels il faudrait encore une fois faire la distinction entre les différents angles car naturellement, on ne traite pas de la même manière un coup en revers vertical, horizontal ou diagonal.

Il faudrait aussi se demander (ce que les méthodes conventionnelles ne font pas en général) si l’attaque vise l’axe central de rotation du corps ou plutôt l’un des deux côtés, car dans le dernier cas, il faut bloquer latéralement l’attaque souvent sur toute la largeur du corps, ce qui nécessite plus de force et de temps et représente un grand risque.

De par leur structure, les arts d’autodéfense asiatiques établis doivent (ou devraient), face à une attaque, choisir dans un ensemble de 12 à 50 éléments. Vous voudriez bien savoir comment on en vient p. ex. au chiffre 12?

Un peu de patience, la suite dans le prochain article de la série !